Mots-clés

, ,

L’œcuménisme à tout prix
| Jean 17 : 1-26 – Ephésiens 4 : 1-6
Par : Philippe Hubinon

Plusieurs fois, Dieu avertit ses enfants : « Prenez garde que personne ne vous séduise. » (Matthieu 24:4). L’apôtre Paul parle de « l’habilité des hommes à rendre l’erreur séduisante. » (Ephésiens 4:14). Nous abordons ici le sujet de l’œcuménisme dont le but est de réunir tous les hommes de la terre dans une religion unique.
On constate aujourd’hui un effort énorme d’unité basé sur les trois principes de la séduction. D’abord choisir les mots plaisants qui charment. Ensuite cacher les défauts et ne laisser paraître que les beaux côtés. Enfin revenir à la charge, sans cesse, pour s’acharner.
Le premier principe consiste à utiliser des mots qui charment : « unité », « dialogue ». On entend souvent : “Nos divisions sont un scandale, nous devons nous mettre d’accord.”, “L’amour prime, il doit avoir priorité sur la vérité.”, “La doctrine divise, mais l’Esprit va nous unir. Recherchons donc les choses de l’Esprit et laissons de côté la théologie.”, “Ah ! Si tous les hommes de bonne volonté pouvaient se donner la main.”
Le mot « tolérant » apparaît souvent et sous-entend que tout le monde possède une partie de la vérité. Mais l’argument massue dans ce domaine de l’œcuménisme est : Jésus en a donné l’ordre, puisqu’il a dit « que tous soient un. » (Jean 17:21). Ce verset mal compris écrase les dernières résistances. Sur base de ces propos charmeurs, catholiques et protestants développent de nombreux efforts en faveur de l’unité. Même les commentateurs neutres extérieurs aux milieux religieux sont étonnés et stupéfaits de ce que nous vivons aujourd’hui.
En 1986 à Assise une grande rencontre organisée à l’initiative de l’Église catholique suscitait les commentaires suivants du journal « Le Monde » : « Jean-Paul II vient de prendre une initiative sans précédent en invitant à Assise les représentants de toutes les religions du monde pour une réunion de prière en faveur de la paix. On n’a jamais vu cela. Aujourd’hui, on le voit ». Le journal « Le Figaro » rapportait alors : “Le pape invente et préside l’ONU des religions, ceux qui croient en l’Eternel, ceux qui croient en mille dieux, ceux qui ne croient en aucun dieu précis. Vision stupéfiante ! Jean-Paul II admet spectaculairement la relativité de la foi chrétienne qui n’est plus que une entre d’autres..”
Beaucoup y sont venus des quatre coins du monde. Des bouddhistes ont prié la statue de Bouddha placée sur l’autel de l’église Saint-Pierre d’Assise. Des prêtres fétichistes ont conjuré les esprits et aspergé d’eau l’assemblée. Des gourous, des indiens emplumés ont invoqué le grand esprit. Des représentants des églises protestantes étaient aussi présents.
Est-ce de cette unité dont Jésus a parlé ? Devons-nous avancer vers cet œcuménisme ? Jésus nous met en garde : « que personne ne vous séduise. »
L’unité ne peut se construire
que dans la vérité : « Ta Parole est la vérité. »

En 1948 est né le Conseil Œcuménique des Églises. Son siège est à Genève. Il regroupe dans le monde 300 églises protestantes de dénominations différentes. Il veut être l’organe représentant officiellement l’unité chrétienne mondiale face à l’Église romaine qui n’a pas souhaité faire partie de ce Conseil mais y envoie simplement des observateurs permanents. Les Églises protestante et catholique font des efforts vers l’unité.
Une autre initiative a été mise en chantier par le Mouvement Charismatique au nom du Saint-Esprit. La notion de Saint-Esprit qui unit traverse aussi bien l’Église protestante que l’Église catholique. Cette idée invite instamment à laisser de côté la doctrine pour se mettre à l’écoute du Saint-Esprit, comme si le Saint-Esprit avait quelque chose d’autre à dire que ce qu’il a dit dans l’Écriture. C’est le grand danger de la séduction de cette invitation : placer au-dessus de la Parole de Dieu, l’Esprit-Saint. On place côte à côte ainsi un protestant qui prie Dieu le Père et un catholique qui prie Marie, les saints et les morts. Est-ce cela l’unité dont il est question dans l’Écriture, l’œcuménisme vers lequel nous devons avancer ? Cette aspiration à l’unité doit-elle nous conduire au sacrifice de la vérité ? S’il doit y avoir unité, ce doit être dans la vérité. L’unité dans le mensonge et l’hypocrisie est une fausse unité.
Un groupe de théologiens protestants luthériens et bons catholiques romains ont dialogué pendant plus de trente ans sur le thème de la justification, du salut par la foi ou par les œuvres. Ces trente années de réunions, colloques, d’efforts ont débouché sur un texte, évidemment soumis à l’approbation du Vatican. Le document proposé a été alors refusé. Les auteurs ont dû se contenter de signer un accord de « consensus différencié », véritable chef-d’œuvre de séduction. Ce dernier document signifie que les représentants reconnaissent en fait être d’accord de ne pas être d’accord ! Ces théologiens luthériens auraient mieux fait de se souvenir que cinq siècles plus tôt Luther disait : “Je suis contre toute tentative faite pour accorder les deux doctrines car c’est chose impossible à moins que le pape ne veuille abolir sa papauté. C’est assez pour nous d’avoir rendu raison de notre croyance et de demander la paix. Pourquoi espérer les convertir à la vérité ?”
En 1530, le réformateur écrivait : “J’apprends que vous avez entrepris une œuvre admirable de mettre d’accord Luther et le pape. Mais le pape ne le veut pas et Luther s’y refuse. Prenez garde d’y perdre votre temps et vos peines. Si vous en venez à bout, pour suivre votre exemple, je vous promets de réconcilier Christ et le diable.”
Aujourd’hui la séduction est forte et nous laisse croire que cette unité est à notre portée. Les mots qui charment et qui trompent font partie de cette première technique de la séduction.
La seconde tactique consiste à cacher défauts, incohérences et mensonges pour ne laisser paraître que les beaux côtés. Ainsi le Conseil Œcuménique des Églises qui draine des millions d’euros, au lieu d’œuvrer au développement des églises et à la propagation de la foi, préfère consacrer cet argent à l’achat d’armes destinées à des mouvements révolutionnaires de gauche en Amérique du Sud. Cette réalité reste dissimulée par la presse qui choisit donc de cacher, de tricher. Ce Conseil était infiltré par le KGB, police secrète de l’ex-URSS.
Que personne ne nous séduise par de faux raisonnements, par de vains discours.
Tout en simulant une attitude d’ouverture vers les autres dénominations chrétiennes, l’Église romaine n’a qu’un seul objectif : ramener en son sein tous ceux qui s’en étaient séparés. Elle ne qualifie plus les protestants d’hérétiques mais de « frères séparés ». En 1999, le pape déclarait : “Il est important que les disciples du Christ reconnaissent leurs liens de communion et qu’ils travaillent à retrouver leur unité autour du successeur de Pierre.” Voilà la véritable intention de l’Église catholique romaine : ramener dans son giron tous les chrétiens du monde entier. L’Église catholique a ainsi compris et voulu organiser l’œcuménisme. « tous autour du pape ! » Les récentes encycliques confirment cette volonté. Rome a laissé croire que le concile Vatican II allait tout changer. Mais avant ce concile tous les pères conciliaires ont dû signer un texte qui reprenait toutes les doctrines de l’Église catholique (sur Marie, le purgatoire, les indulgences, etc.) en faisant serment de ne pas y toucher. C’est l’éternel double langage séducteur de l’Église romaine : d’un côté un semblant d’ouverture et d’un autre une confirmation des dogmes, une intransigeance doctrinale.
Jésus n’a jamais évoqué une telle unité dans sa prière (Jean 17).
Lors d’une émission récente de télévision regroupant un représentant de chaque religion, le cardinal Danneels affirmait que le dieu des musulmans est le même que le Dieu des chrétiens. Or le Coran déclare que Jésus n’est pas mort sur la croix !
Dieu lui-même crée l’unité entre ses enfants

La Bible parle bien d’une unité du peuple de Dieu, de l’unité entre chrétiens. C’est une réalité. Mais cette unité n’est pas à faire. Dieu lui-même crée cette unité entre ses enfants. Elle existe déjà par l’Esprit de Dieu qui unit tous les véritables chrétiens. Cette unité est faite. Christ nous a baptisés dans un seul Esprit pour que nous formions un seul corps. Cette unité n’est donc pas une question de structure, d’organisation ou de programme.
Jésus prie, non pour le monde ni pour ceux qui sont hors de la foi, mais pour l’unité de ceux que le Père a donnés au Fils afin qu’ils aient la vie éternelle. Il prie pour l’unité entre ceux qui connaissent le seul vrai Dieu et son Fils Jésus-Christ.
C’est donc une séduction de vouloir créer une unité entre des personnes qui croient tout et n’importe quoi. Jésus prie seulement pour ceux qui gardent la Parole de Dieu, qui l’ont accueillie, qui ont cru que Jésus-Christ est sorti de Dieu, pour ceux en qui le Christ est glorifié, et qui ont cru en Christ par la parole des apôtres.
Telle est la véritable prière de l’unité et de l’œcuménisme exprimée par Jésus. « Prenez garde que personne ne vous séduise. »

source: http://epecharleroi.be/article.php3?id_article=89

Publicités