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Il m’est arrivé de me rendre à Genève en prenant l’avion à Bruxelles. En moins d’une heure, ce qui était à l’époque la Caravelle, atterrissait sur la piste de l’aéroport de Cointrin. Regardant par le hublot, j’ai eu la surprise de ma vie. J’ai vu une Renault 4cv, surmontée d’un panneau sur lequel il était écrit en grandes lettres : « Suivez-moi ». Ainsi, une minuscule 4 CV intimait à l’énorme avion, l’ordre de le suivre pour le conduire à sa destination finale. Il y avait entre ces deux engins et malgré leur disparité, une sorte d’interaction, comme dans la fable du lion et du rat où il est dit qu’on a souvent besoin d’un plus petit que soi.

Cela m’a fait penser à deux montagnes de la Bible que tout sépare, une très haute appelée le Mont Sinaï en Arabie, et une petite, la colline du Calvaire sur le Mont Sion à Jérusalem.

Ce qui va nous intéresser ce soir, c’est ce que chacune représente ; et c’est la Bible qui va nous expliquer ce qui les lie et ce qui les sépare. Ce que je vous propose c’est une étude biblique sous forme d’évangélisation, ou si vous préférez une évangélisation sous forme d’étude biblique.

Je crois que vous avez assez de coffre pour supporter une lecture assez longue. Il faut la faire si on veut comprendre deux éléments déterminants de la doctrine du salut. Je vous demande de vous armer d’un peu de patience et d’ouvrir votre Bible au chapitre 5 du Deutéronome, ou se trouve le rappel de la loi des dix commandements, que je vous lis en un léger raccourci pour ne pas allonger indûment :

– Le 1er commandement : Tu n’auras point d’autre Dieu devant ma face.

– Le 2ème commandement : Tu ne te feras pas d’image taillée de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, qui sont dans les eaux plus bas que la terre, tu ne te prosterneras point devant elles et tu ne les serviras point.

– Le 3éme commandement : Tu ne prendras point le nom de l’éternel ton Dieu, en vain.

– Le 4eme commandement : Observe le jour du repos.

– Le 5ème commandement : Honore ton père et ta mère.

– Le 6ème commandement : Tu ne tueras point.

– Le 7ème commandement : Tu ne commettras point d’adultère. Je l’ai dit hier, tu ne t’adonneras point au flirt ou a l’amour libre, ce sont des proches parents de l’adultère.

– Le 8ème commandement : Tu ne déroberas point.

– Le 9ème commandement : Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain, autrement dit tu ne mentiras point,

– Le 10ème commandement : Tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, tu ne désireras pas la maison de ton prochain, ni son champ, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni son vélo, ni sa 2 CV, ni sa Mercédès, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain.

Quand les Israélites ont entendu la voix de Dieu qui parlait, ils ont été effrayés, et, au verset 27 du même chapitre, ils ont dit : « Nous écouterons ce qu’a dit l’Eternel et nous le ferons« .

Maintenant nous passons dans le Nouveau Testament, dans l’Epître aux Galates, au chapitre 2 et verset 16, où on lit : « Sachant que ce n’est pas par les œuvres de la loi que l’homme est justifié mais par la foi en Jésus-Christ, nous avons cru en Jésus-Christ, afin d’être justifiés par la foi en Christ et non par les œuvres de la loi, parce que personne ne sera justifiée par les œuvres de la loi ».

Puis au chapitre 3 et au verset 10 : « Tous ceux qui s’attachent aux œuvres de la loi sont sous la malédiction, car il est écrit : Maudit est quiconque n’observe pas tout ce qui est écrit dans le livre de la loi et ne le met pas en pratique ».

Aux versets 24 et 25 : « Ainsi la loi a été comme un pédagogue pour nous conduire à Christ, afin que nous soyons justifiés par la foi. La foi étant venue, nous ne sommes plus sous ce pédagogue ».

Trois textes encore, le premier dans l’épître aux Romains, au chapitre 10, verset 1 : Frères, dit l’Apôtre Paul, le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour mes frères Juifs, c’est qu’ils soient sauvés. Je leur rends le témoignage qu’ils ont du zèle pour Dieu, mais sans intelligence : ne connaissant pas la justice de Dieu, et cherchant à établir leur propre justice, ils ne se sont pas soumis à la justice de Dieu. Autrement dit : Ils sont passés à côté du salut.

Le deuxième dans l’épître aux Ephésiens, au chapitre 2 et verset 8 : « C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie ».

Le troisième et dernier texte, dans l’Epître aux Hébreux, au chapitre 12, et au verset 18 : « Vous ne vous êtes pas approchés d’une montagne qu’on pouvait toucher et qui était embrasée par le feu (il est ici fait référence à la montagne de Sinaï et aux 10 commandements que j’ai lu en premier) ni de la nuée, ni des ténèbres, ni de la tempête, ni du retentissement des trompettes, ni du bruit des paroles, telles que ceux qui l’entendirent demandèrent qu’il ne leur en fut adressé aucune de plus ; car ils ne supportaient pas cette déclaration : Si même une bête touche la montagne, elle sera lapidée. Et ce spectacle était si terrible que Moïse dit : Je suis épouvanté et tout tremblant ! Mais vous vous êtes approchés de la montagne de Sion, de la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, des myriades d’anges, de l’assemblée des premiers-nés inscris dans les cieux, du juge qui est le Dieu de tous, des esprits des justes parvenus à la perfection, de Jésus qui est le médiateur de la nouvelle alliance, et du sang de l’aspersion qui parle mieux que celui d’Abel ».

Deux montagnes : La montagne de Sinaï glorieuse, haute, majestueuse, et la petite montagne de Sion, la colline du Calvaire. Deux choses : La loi du Sinaï d’un côté, et la grâce de Golgotha de l’autre. Deux approches : Les œuvres chez l’une, et la foi chez l’autre.

J’étais jeune, le 10 mai 1940, mais je n’oublierai jamais cette date. Ça avait été la drôle de guerre pendant environ 9 mois ou chaque jour à la radio on entendait : Sur le front de l’est, rien de nouveau. Et tout à coup, cette guerre a pris une tournure violente. La Belgique où j’habitais alors était neutre, mais ce 10 mai 1940 les avions de la Luftwaffe, les blindés d’Hitler franchissant la frontière, ont attaqué et ce fut le début des choses sérieuses.

Très tôt le matin, alors que je dormais encore, ma mère est montée les escaliers quatre à quatre, elle m’a secouée, elle m’a dit : Gamin, (c’est ainsi qu’elle m’appelait) lève-toi vite, c’est la guerre, les Allemands entrent en Belgique. Je me suis levé tout heureux, je suis descendu dans la rue tout guilleret, ma joie venait surtout de ce que les écoles étaient fermées ! Nous habitions à la frontière, à quelques kilomètres du célèbre « Clair de lune à Maubeuge ». Je me suis rendu dans la grand-rue bondée de monde. La foule enthousiaste saluait l’armée française qui entrait chez nous pour aller à la rencontre de l’envahisseur et l’arrêter.

Oh mes amis quel spectacle ! Quelles acclamations, quelles exubérances, quel accueil à ces soldats français à qui l’on offrait des paquets de cigarettes « en veux-tu en voilà ! » Et ces blindés, ces véhicules, ces colonnes motorisées puis ces fantassins, coloniaux et autres, qui passaient sur deux files pendant des heures. Que nous étions fiers, et nous disions : Maintenant les Fridolins n’ont qu’à bien se tenir, car nous les p’tit Belges, on a avec nous les Français, les Anglais, et puis là-bas, à la frontière pour nous protéger, il y a surtout un obstacle naturel, le canal Albert, le surpuissant fort de Liège et au sud la ligne Maginot ! Et on se disait : Maintenant ce n’est plus qu’une question semaines, quelques mois au pire et tout se terminera dans la victoire.

Nous étions si sûrs de nous ! Nous étions tous gonflés comme le bonhomme Michelin. Comment ne l’aurions-nous pas été puisque nos hommes d’état de l’époque tenaient des propos rassurants et conquérants comme : « Nous ne céderons pas d’un pouce, nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts ! »

Chacun sait comment ça a tourné ; pourquoi ? Tout simplement parce que notre confiance était mal placée et parce que les plus forts, c’était eux, les autres.

Ce que je vous raconte ici est comme le reflet de ce qui s’est passé sur le mont Sinaï. La scène est grandiose, la montagne tremble, elle est feu, couverte de fumée, et la voix de Dieu se fait entendre dans un bruit de tonnerre. Un peuple d’environ un million et demi à deux millions de personnes est là, qui entend la proclamation des 10 commandements et qui dit : « Ce que l’Eternel a dit, nous ferons !« 

Ils se sont crus capables d’accomplir la loi des 10 commandements. Il est effarant de constater qu’après vingt siècles de christianisme, beaucoup de gens aujourd’hui encore se basent sur la loi des 10 commandements pour la mort ou pour la vie. Ils s’appuient sur la règle d’or, sur la loi des dix commandements, dans l’espoir d’être sauvés. Mais ces chers et pauvres amis qui pensent de la sorte, ne connaissent rien à l’enseignement de la parole de Dieu sur un sujet aussi capital que celui-là. C’est pourquoi je vous invite à lire la parole de Dieu et à l’étudier pour vous-mêmes ; je vous invite à passer par le comptoir de librairie installé à la sortie pour vous procurer la Bible qui vous révélera les vérités que nous avons tous besoin de savoir.

Premièrement nous devons savoir, selon ce qui est écrit aux Galates chapitre 3 verset 21, que si l’observance de cette loi des 10 commandements avait pu procurer la vie, il n’aurait pas été nécessaire que la foi vienne après et se substitue à elle.

La Bible affirme haut et fort que la loi de Dieu, toute bonne et parfaite qu’elle soit, ne peut pas donner la vie éternelle.

Reprenons, non pas les 10 commandements, mais trois ou quatre d’entre eux. Quel est, à votre avis le plus grand péché ? C’est de violer le plus grand commandement ; et quel est le plus grand commandement ? Le voici : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée ».

Est-ce que nous avons aimé Dieu de tout notre cœur ? – Non ! De toute notre force ? – Non ! De tout notre cœur ? — Ô Non ! De toute notre pensée ? Encore moins !

Y a-t-il quelqu’un parmi nous qui oserait lever la main et dire : Moi, j’ai observé ce premier commandement ! Nous avons tous, moi le premier, commis le plus grand des péchés. Donc cette loi ne peut pas me sauver ; dès le premier commandement, elle me condamne.

Prenons un autre commandement : « Tu ne te feras pas d’images taillées… tu ne te prosterneras pas devant elles ».

La Bible condamne l’idolâtrie ; je ne parlerai pas de l’idolâtrie grossière qui consiste à se prosterner devant une statue de plâtre, de marbre ou de bronze, et de lui adresser sa prière, non. C’est là, bien sûr, un péché qualifié d’abominable ; mais la parole de Dieu, qui est spirituelle, va plus loin : Elle nous dit par exemple, dans Colossiens 3 : 5 : « Ne savez-vous pas que la cupidité est une idolâtrie ? »

L’amour de l’argent, c’est une idolâtrie ; et, nous l’avons dit hier soir, une idole c’est ce qui dans notre vie occupe la place de Dieu qui devrait être la première. Pour certains, leur idole c’est le sport, pour d’autres, c’est le travail, pour d’autres, ce sont les arts, pour d’autres, le sexe, pour d’autres encore, c’est toute espèce de plaisirs factices. Il y a mille idoles possibles dans cette vie et tous à un moment donné, nous nous sommes prosternés devant elles et nous y avons consacré le plus clair de notre temps et de nos pensées et de nos forces.

Un autre commandement dit : « Tu ne tueras point ». Vous dites peut-être : Ah, moi je suis à l’aise devant celui-là, je n’ai jamais tué personne ! Mais le Nouveau Testament qui nous spiritualise ce commandement, nous dit que si quelqu’un a de la haine dans son cœur, il a déjà commis un meurtre ; car la haine, nous le savons, est la racine du meurtre. D’ailleurs, si seulement tous les habitants du monde avaient à leur disposition sur leur table de nuit, un petit bouton sur lequel il suffirait d’appuyer pour faire disparaître la personne qui les gêne sans que personne ne le sache, je vous assure que demain matin, la moitié du monde ne se réveillerait pas. Et comme la moitié du monde déteste l’autre, je vous laisse deviner ce qui resterait du monde demain matin ! Nous sommes presque tous des meurtriers en puissance.

La Bible dit : « Tu ne commettras pas l’adultère ». Oh ! Me direz-vous, sur ce point je suis tranquille ; je ne crois ni ne pratique, ni l’amour libre, ni le mariage à l’essai, même pas le flirt ! Mais Jésus nous dit que si quelqu’un regarde quelqu’un du sexe opposé, dans un désir impur de concupiscence pour le convoiter, il a déjà commis adultère dans son cœur (Matthieu 5 : 28).

La Bible parle du faux témoignage comme du mensonge. Il y a les mensonges blancs, les demi mensonges, les mensonges pieux, les mensonges commerciaux. Mais Jésus, qui a été le porte-parole de Dieu, nous dit :« Que votre oui soit oui et que votre non soit non, et ce qu’on y ajoute vient du malin ».

Nous n’avons vu que quatre des dix commandements et c’est déjà plus qu’il n’en faut pour comprendre que la loi des dix commandements ne peut pas nous sauver. D’ailleurs l’Apôtre Paul, dans l ‘Epître aux Romains, dit en parlant de lui-même et de son expérience que « le commandement qui devait me conduire à la vie, m’a conduit à la mort « .

Deuxièmement la Bible nous apprend que la loi, c’est-à-dire les efforts que nous pouvons faire pour la pratiquer, n’est pas un moyen de salut. Je trouve ça dans l’Epître aux Galates, chapitre 2 et verset 16, où il est écrit : « Personne ne sera justifié par les œuvres de la loi ».

Alors vous allez me dire : Mais à quoi peut servir la loi ? La Bible répond à cette question : La loi a été donnée à cause du péché, elle a été donnée comme moyen de nous révéler à nous-mêmes.

Supposons que je ne me sois jamais regardé dans un miroir, je pourrais me dire : Fernand Legrand, tu as un physique de jeune premier, tu es le plus beau et tu es le plus fort. Mais le jour où je vais me regarder dans un miroir, je vais découvrir à quoi je ressemble et, déconfit, je devrai me dire : Mon pauvre ami, tu n’es pas une réussite sur le plan esthétique !

Voyez-vous, quand nous allons faire faire des photos chez un professionnel, le photographe les retouche et on se dit : Oui, c’est bien moi ! Mais il y a une petite voix à l’intérieur qui dit : C’est flatté ! Eh bien, la loi c’est comme ça, c’est un miroir qui nous permet de voir notre état moral sans retouche ; et souvent, je l’admets, nous ne nous reconnaissons pas, c’est pourquoi quantité de gens fuient comme la peste la prédication de la parole de Dieu. Ils aimeront la philosophie, ils aimeront les beaux discours, mais ils haïssent la Bible, parce que la Bible fait notre portrait sans retouche et nous révèle tels que nous sommes.

Voyez-vous, au moment où je parle, un cher ami derrière moi capte ma voix sur un magnétophone ; faites l’expérience, demandez à quelqu’un de vous enregistrer et puis de vous repasser votre voix, et vous allez tous dire avec étonnement : C’est ça ma voix ? Je ne me reconnais pas. Personne ne connaît sa propre voix en dehors d’un enregistrement ; de même personne ne se connaît vraiment en dehors de la parole de Dieu, qui elle, nous dit la vérité. Mes amis des gens parfaits, il n’y en a pas, ou plutôt si, je n’en trouve que dans les agences matrimoniales :

Monsieur très bien de sa personne, soixante ans, allure jeune, bonne situation, aimant vie de famille, bon caractère et possédant voiture… ; Jeune demoiselle, cinquante printemps, grande, élancée, tendre, affectueuse, bonne cuisinière… Mes amis, des gens parfaits, je le répète, vous ne les rencontrez que dans les agences matrimoniales et pas ailleurs.

Troisièmement, la Bible dit, toujours dans l’Epître aux Galates au chapitre 3 et au verset 24 : « La loi a été comme un pédagogue pour nous conduire à Christ ».

Vous savez ce qu’est la pédagogie ? C’est l’art d’enseigner, c’est la capacité de conduire vers un but. Quand quelqu’un est malade du cœur ou du cerveau, on fait un électrocardiogramme ou un encéphalogramme, selon le cas. Maintenant, des électrocardiogrammes, on peut en faire cent ou mille, ils ne peuvent pas guérir. Par contre ils nous conduiront à prendre le médicament approprié.

Eh bien la loi c’est l’électrocardiogramme du cœur humain : Il nous révèle ce qui ne va pas et il nous conduit à prendre le médicament approprié que Dieu nous présente ; et le médicament c’est Jésus-Christ, il est le remède aux maux de notre vie.

Quatrièmement. Les efforts personnels pour accomplir la loi de Dieu, les meilleures intentions du monde, toutes nos bonnes œuvres, ne peuvent pas sauver parce qu’il est écrit toujours dans la même Epître aux Galates au chapitre 3 et verset 10 : « Tous ceux qui s’attachent aux œuvres de la loi sont sous la malédiction, car il est écrit : maudit est quiconque n’observe pas tout ce qui est écrit dans le livre de la loi et ne le met pas en pratique ».

Jacques, le frère du Seigneur, nous dit dans son épître que si nous sommes coupables d’avoir enfreint un commandement, nous sommes coupables d’avoir enfreint toute la loi des dix commandements.

Certains vont dire : Ce n’est pas juste, si j’ai commis un péché, comment suis-je coupable de dix péchés. Eh bien voici : La loi des dix commandements est comme une chaîne, une chaîne à dix maillons dont chaque maillon représenterait un commandement. Votre âme, elle, est suspendue au bout de cette chaîne ; et en dessous de votre âme, il y a le gouffre béant de l’éternité et du jugement. Or, on sait qu’une chaîne est aussi forte que son plus faible chaînon.

Combien faut-il casser de maille pour que la chaîne soit rompue ? Une seule ! Vous cassez une maille, la chaîne se rompt et votre âme est perdue. Eh bien, la loi est vue comme une chaîne à laquelle le salut de notre âme est suspendu et un seul péché nous condamne à la mort éternelle. C’est ce que dit Romain 3.23 « Le salaire du péché, c’est la mort ».

Nous comprenons maintenant pourquoi le salut doit venir d’ailleurs. S’il ne peut pas venir de cette haute montagne où Dieu a parlé en puissance, d’où va-t-il venir ? J’en reviens à ce 10 mai 1940 où nous étions si sûrs de nous. J’ai connu les quatre années qui ont suivi ; qu’elles étaient longues ces années de privation de nourriture, de liberté, où l’ennemi était là, où l’on se sentait brimé de partout ! Et ça a duré quatre ans !

Et puis un jour, ce fut le 6 juin 1944, ce qu’un film célèbre a appelé « le jour le plus long ». J’étais encore endormi dans mon lit. Ne croyez pas que j’ai dormi pendant quatre ans, comme la belle au bois dormant ! Le matin de ce jour, ma mère est remontée les escaliers quatre à quatre, elle m’a secoué et elle m’a dit : Fernand, ça y est, les Alliés sont débarqués en Normandie !

Quelle journée que celle-là, et celles qui ont suivi. Nous écoutions à la radio les comptes rendus des combats, la progression des armées de la libération que nous avions si longtemps attendues. Et enfin, fin août début septembre, les alliés sont entrés chez nous. Quel délire, quelle fête, enfin la liberté retrouvée ! Cela veut dire que malgré la Résistance dont, quoique très jeune, j’ai fait partie, malgré tous les efforts que nous pouvions faire, la victoire ne pouvait pas venir de l’intérieur, notre seul espoir était qu’elle vienne de l’extérieur.

Il en va de même avec notre salut éternel, puisqu’il ne peut pas venir de nos efforts que représente le mont Sinaï et ses 10 commandements, il viendra du mont du Calvaire, là où trois croix ont été dressées, là où je voudrais vous entraîner ce soir. Nous allons l’interroger brièvement.

Ah, si cette colline pouvait parler, elle nous en dirait des choses ! Quelle richesse de souvenirs ! Avec quelle exactitude elle nous dépeindrait les scènes qui s’y sont passées ! Avec quels accents touchants elle nous dirait entre autres : Je me souviens, c’était un vendredi matin, la journée était ensoleillée et le calme des environs a été troublé par le tumulte d’une foule qui s’approchait ; elle était faite de soldats, de badauds, d’hommes, de femmes, de prêtres, de magistrats ; et au milieu de cette foule, trois hommes que l’on condamnait à mort et qui portaient leur croix de suppliciés. Et dans un de ces trois j’ai reconnu mon Créateur, Celui qui m’avait établi à l’origine, me faisait maintenant l’honneur de venir mourir sur mon sommet !

Et cette colline continuerait : J’ai vu mon Créateur à l’heure de la mort, j’ai entendu le bruit des marteaux qui enfonçaient des clous dans les chairs, les cris des prisonniers, j’ai vu ces croix que l’on dressait, ces membres rougis de leur sang qui se cabraient sous la douleur, j’ai entendu les sanglots des femmes apeurées et j’ai été témoin de la lente agonie du Sauveur du monde.

J’ai vu son sang couler goutte à goutte ; avec horreur j’ai vu le ciel s’assombrir en plein midi, je l’ai entendu s’écrier : Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? Et puis il y a eu un frisson, suivi d’un autre grand cri, et mes entrailles rocheuses se sont émues, mon cœur de pierre s’est fendu ; et tandis qu’un dernier spasme d’agonie secouait Jésus-Christ, tandis que la vie se détachait du Fils de Dieu, des pierres se détachaient de mes flancs rocheux et roulaient comme autant de larmes sur mon aride coteau…

C’est là ce que nous dirait la colline.

Et nous, qu’allons nous dire ? Quelle va être notre attitude devant la colline du Calvaire ? Emile Bonnard, un poète chrétien a écrit :

Devant la Croix sur la colline,
Je me prosterne avec douleur,
Ton front sanglant vers moi s’incline,
Et ton regard sonde mon cœur.
C’est pour moi que Jésus tu souffres,
Tous mes péchés pèsent sur toi,
Et si j’échappe au sombre gouffre,
C’est que tu vins mourir pour moi.
Devant la croix je m’humilie,
Je reconnais tout mon orgueil,
J’ai cheminé dans la folie,
Sur mon passé je mène deuil.
Devant la croix je prends courage,
Car de ta mort jaillit ma paix,
Mon plein salut est ton ouvrage,
Et tu m’attends dans tes palais.
Ton grand amour est chose étrange,
Mais je l’accepte par la foi,
Gloire à ton nom, à toi louange,
Divin sauveur, tout vient de toi !

Regardons encore la croix du Calvaire. Nous voyons dans la pénombre le corps du Seigneur qui est là, pendu, faisant une ligne blanche verticale comme un parchemin déroulé, semblable à un écriteau, non pas l’écriteau où l’on a écrit le sujet de sa condamnation en trois langues, mais un parchemin officiellement affiché sur la Croix. Qu’est-il écrit sur ce parchemin ? Ecoutez ce qu’en dit l’Epître aux Colossiens, a chapitre 2 verset 14 et que je cite librement : « Dieu a effacé l’acte dont les dix ordonnances nous condamnaient et qui subsistait contre nous et il l’a détruit en le clouant à la Croix ». C’est-à-dire que quand je regarde la Croix, eh bien, la loi de Dieu que j’ai si souvent violée et qui m’accuse, elle est là, clouée au pilori de la croix. Alors ma condamnation meurt avec Jésus-Christ ; non seulement la liste de la loi, mais encore la liste de tous les péchés que j’ai commis, tout meurt avec Christ à la croix.

Mes amis, vous êtes dans la vallée de la vie, et de chaque côté de cette vallée il y a un sommet, le Sinaï d’un côté et le Calvaire de l’autre. Sur la splendeur du Sinaï Dieu descend en gloire, sur l’obscurité de l’autre, Dieu y monte en humiliation. Sur l’une de ces montagnes, le Dieu vivant commande et trois mille hommes périssent. Sur l’autre un Dieu mourant supplie et à la première prédication de la Croix trois mille âmes sont sauvées !

Tournez-vous vers l’une, confiez-vous dans vos bonnes œuvres en votre propre justice, en votre capacité à vous sauver vous-mêmes, et vous êtes perdus.

Mais tournez-vous vers l’autre, et, devant ce Sauveur humilié, lui avouant votre incapacité à vous sauver par vos propres œuvres, mettant votre confiance totale en lui et lui demandant le pardon de vos péchés et le renouveau de votre vie, vous serez sauvés.

Voulez-vous atteindre les rives célestes ? Le chemin qui y conduit passe par cette colline-là, celle de la Croix. La Bible n’en connaît pas d’autre. Dussai-je rester dans votre ville, non pas six jours mais six mois ou six ans, que je ne vous délivrerais pas d’autre message que celui-là.

Le chemin de la gloire, le chemin du salut, le chemin d’une vie renouvelée, passe par la croix du Calvaire. Celui qui est pendu comme un malfaiteur, le méprisé des hommes, le ressuscité du matin de Pâques, est parmi nous ce soir par son Esprit ; et selon sa promesse Il nous regarde tous, à commencer par ce jeune homme qui est là au premier rang à droite et en terminant par mon ami qui est là de l’autre côté, il vous regarde avec amour et il vous dit individuellement : Viens, toi, suis-moi. Venez, répondez à l’appel du maître, donnez-vous à lui, convertissez-vous à lui et soyez sauvés, dès ce soir.

Certains vont dire, est-il possible d’être sauvé si rapidement, en un seul instant sans que je n’aie rien à faire ?

Si le salut dépendait de nous, il serait inaccessible. Mais parce qu’il ne dépend pas de nous, parce qu’il a été fait totalement par Jésus-Christ à la Croix, où il a dit tout est accompli, vous pouvez recevoir tout ce que Jésus-Christ a fait en cet instant. Il suffit de se reconnaître coupable, il suffit d’admettre que vous ne pouvez pas vous sauver vous-mêmes, il suffit de lui dire, dans la dernière minute de cette soirée (Et peut-être aimeriez-vous le faire maintenant) : « Seigneur je me tourne vers toi, je te demande de briser la puissance du péché dans ma vie, sois mon Maître, mon Seigneur et mon Sauveur ce soir ». Et Dieu se mettra en mouvement dans votre vie.

Je ne vous donne pas une semaine que vous ne vous reconnaissiez plus. Dieu s’y est engagé et il tiendra parole. Jamais je ne vous prêcherai un autre évangile que celui-là, c’est le seul qui change des vies et qui ouvre le chemin du ciel.

Source: http://www.info-bible.org/legrand/

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